Guide sur les principes fondamentaux de la théorie quantitative de la monnaie

En économie monétaire, l’un des concepts qui suscitent le plus de débats entre les spécialistes est la théorie quantitative de la monnaie . Ayant véritablement pris forme au 19e siècle sous les travaux de l’économiste américain Irving Fisher, ce concept économique préconise une relation entre le niveau général des prix et la masse monétaire en circulation. Dans cet article, nous vous proposons d’en savoir davantage sur la théorie quantitative de la monnaie ainsi que sur ses différents principes fondamentaux.

Théorie quantitative de la monnaie : Comprendre le concept économique

La théorie quantitative de la monnaie  eut émergé du contexte historique des 17e et 18e, marqué notamment par la transition vers le capitalisme, l’expansion du commerce international et d’importants déséquilibres monétaires dus aux guerres et conquêtes coloniales. Dans ce contexte de transformations économiques majeures, il était question de comprendre les effets de l’augmentation de la quantité de monnaies en circulation sur le prix des biens et services d’une part, et sur la stabilité macroéconomique d’autre part.

Ainsi, la théorie soutient qu’une hausse de la masse monétaire entrainerait une augmentation proportionnelle du niveau général des prix au sein de l’économie. En pratique, la théorie quantitative de la monnaie a été formalisée par l’équation de Fisher MV=PQ, avec M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau général des prix et Q la production totale de biens et services au sein de l’économie. En somme, selon la théorie quantitative de la monnaie, l’injection de plus de monnaie destinée à acheter les mêmes biens et services ne fera qu’élever les prix de ceux-ci, toutes choses étant égales par ailleurs.

Quels sont les principes fondamentaux relevés par la théorie quantitative de la monnaie ?

En plus d’établir une relation directe entre le niveau des prix et l’offre de la monnaie, la théorie quantitative de la monnaie et l’équation de Fisher permettent de clarifier quelques autres liens en politique monétaire. Voici les principes qui constituent le fondement de cette théorie :

  • La relation entre la quantité de monnaie et le niveau des prix : Avec la hausse de la masse monétaire, les individus ont plus de pouvoir d’achat et demandent à acheter davantage. Cette augmentation de la demande entraine celle des prix ;
  • L’équation de l’échange : À travers l’équation de Fisher, on comprend également que la monnaie est utilisée pour acheter des biens et des services dans une économie puisque la quantité de monnaie (M) multipliée par la vitesse de circulation de la monnaie (V) équivaut à la valeur des transactions économiques ;
  • La monnaie est neutre à long terme : Selon la théorie quantitative de la monnaie , les variations de la masse monétaire à long terme n’affectent pas les variables réelles de l’économie comme la production, l’emploi ou encore les crédits bancaires ;
  • La monnaie est indépendante par rapport à la production : Ce principe explique que la hausse de l’offre monétaire n’induit pas forcément une augmentation de la production de biens et services. La monnaie est donc considérée comme un simple voile sur l’économie ;
  • La vitesse de circulation de la monnaie (V) est relativement stable à court et moyen terme : La théorie quantitative de la monnaie indique enfin que la façon dont la monnaie est utilisée pour effectuer des transactions ne varie pas considérablement dans le temps.

Toutefois, si la théorie quantitative de la monnaie  se révèle être un outil précieux pour analyser les relations entre la monnaie et l’économie dans son ensemble, elle présente certaines limites qu’il ne faut pas ignorer. Entre autres, elle ne tient pas compte des variations de la demande monétaire, de la dette publique, de la croissance économique, du chômage ou des changements dans la structure de l’économie.

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